La question revient souvent, et la réponse tient à une gare. Le quartier breton historique de Paris est Montparnasse, parce que c’est là qu’arrivaient les trains de Bretagne. La communauté bretonne s’y est installée au fil du XXᵉ siècle, et avec elle ses crêperies, ses librairies, ses épiceries et ses associations. La rue du Montparnasse en aligne encore une bonne dizaine sur quelques centaines de mètres.
Le 12ᵉ, lui, n’a jamais eu cette densité. Le Faubourg Saint-Antoine était le quartier du bois et du meuble, pas celui de l’exode breton. Ce qui s’y est installé côté crêpe relève surtout du comptoir à emporter, très bien pour un en-cas, sans rapport avec un repas breton assis.
C’est précisément ce vide qui nous intéresse. Ouvrir une table bretonne sans crêpes à Montparnasse, au milieu de quinze crêperies, aurait moins de sens qu’ici, entre Bastille et Nation, où la Bretagne ne se résume pas encore à une carte de galettes.