La cuisine bretonne est l’ensemble des traditions culinaires de la région Bretagne, dans son acception historique, soit les départements actuels des Côtes-d’Armor, du Finistère, d’Ille-et- Vilaine, du Morbihan et de la Loire-Atlantique (le pays nantais, rattaché à la région Pays de la Loire depuis 1955 mais culturellement breton). Elle se caractérise par l’utilisation du sarrasin (blé noir), du beurre demi-sel, des produits laitiers fermiers, des viandes de porc et d’agneau, du cidre et d’une vaste gamme de produits de la mer.
Cette identité culinaire ne s’explique pas par la fantaisie d’un chef. Elle est le résultat de trois siècles de contraintes géographiques et fiscales : un sol acide difficile pour le blé, un climat humide propice au sarrasin, une exonération de l’impôt sur le sel (la gabelle) qui a fait du beurre demi-sel la norme, et une façade maritime gigantesque (2 730 km de côtes).
Il faut aussi distinguer deux époques. La cuisine paysanne traditionnelle (celle des fermes, des fest-noz, des repas dominicaux), héritée d’un quotidien rural pauvre mais inventif. Et la bistronomie bretonne contemporaine, née dans les années 1980-90 avec des chefs comme Olivier Roellinger (Cancale) et Patrick Jeffroy (Carantec).
Enfin, la Bretagne ne mange pas partout pareil. La région se compose de cinq pays culinaires distincts, dont les spécialités diffèrent selon le terroir, l’histoire et les voisins.