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Guide pilier · Cuisine bretonne

Cuisine bretonne authentique : le guide complet (au-delà des crêpes)

50+ plats traditionnels, 5 pays culinaires, mille ans d’histoire. Le guide écrit par un restaurant breton à Paris pour vous aider à goûter (et à reconnaître) la vraie Bretagne dans votre assiette.

  • Guide complet
  • Mis à jour mai 2026
  • Sources INAO & UNESCO

Demandez à un Parisien de citer un plat breton. Neuf fois sur dix, il répondra « crêpe » ou « galette ». Et pourtant, le patrimoine culinaire breton compte plus de cinquante plats emblématiques, façonnés par dix siècles d’histoire, deux mers et une terre généreuse.

Ce guide explore la cuisine bretonne authentique dans toute sa richesse (ses plats traditionnels, ses produits emblématiques, ses terroirs, son histoire), pour vous aider à goûter et à reconnaître la vraie Bretagne dans votre assiette.

Mise à jour : mai 2026

Définition

Qu’est-ce que la cuisine bretonne ?

La cuisine bretonne est l’ensemble des traditions culinaires de la région Bretagne, dans son acception historique, soit les départements actuels des Côtes-d’Armor, du Finistère, d’Ille-et- Vilaine, du Morbihan et de la Loire-Atlantique (le pays nantais, rattaché à la région Pays de la Loire depuis 1955 mais culturellement breton). Elle se caractérise par l’utilisation du sarrasin (blé noir), du beurre demi-sel, des produits laitiers fermiers, des viandes de porc et d’agneau, du cidre et d’une vaste gamme de produits de la mer.

Cette identité culinaire ne s’explique pas par la fantaisie d’un chef. Elle est le résultat de trois siècles de contraintes géographiques et fiscales : un sol acide difficile pour le blé, un climat humide propice au sarrasin, une exonération de l’impôt sur le sel (la gabelle) qui a fait du beurre demi-sel la norme, et une façade maritime gigantesque (2 730 km de côtes).

Il faut aussi distinguer deux époques. La cuisine paysanne traditionnelle (celle des fermes, des fest-noz, des repas dominicaux), héritée d’un quotidien rural pauvre mais inventif. Et la bistronomie bretonne contemporaine, née dans les années 1980-90 avec des chefs comme Olivier Roellinger (Cancale) et Patrick Jeffroy (Carantec).

Enfin, la Bretagne ne mange pas partout pareil. La région se compose de cinq pays culinaires distincts, dont les spécialités diffèrent selon le terroir, l’histoire et les voisins.

Panorama

Les plats traditionnels bretons

Un tour d’horizon non-exhaustif des plats emblématiques de la cuisine bretonne, bien au-delà des crêpes et galettes.

Salés

Plats salés

  • Kig ha farz

    Pot-au-feu breton à la farce de blé noir cuite dans un sac de toile, originaire du Léon. Viandes de porc et bœuf mijotées avec chou, carottes et navets, sauce lipig à part. Plat dominical hivernal par excellence.

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  • Cotriade

    La « bouillabaisse bretonne ». Soupe de poissons (lieu, congre, maquereau, vives) cuits dans un bouillon de pommes de terre et oignons. Plat de pêcheurs, originaire du Sud-Finistère.

  • Andouille de Guémené

    Andouille fumée du Morbihan, IGP depuis 1995. Chaudins de porc roulés en anneaux concentriques avant fumage ; à la coupe, le motif rappelle une cible.

  • Agneau de pré-salé

    Agneau élevé sur les herbus de la baie du Mont-Saint-Michel, qui paît une végétation halophile (puccinellie, obione, salicorne). Saveur iodée naturelle. AOP depuis 2009.

  • Galette saucisse

    Spécialité de Rennes : une saucisse grillée enroulée dans une galette de sarrasin froide, à manger debout, à la sortie du stade ou au marché. C'est un sandwich breton, pas une crêpe garnie.

  • Salade de sarrasin

    Grains de sarrasin cuits puis refroidis, mélangés avec légumes de saison, herbes fraîches, vinaigrette au cidre. Apparu en bistronomie bretonne dans les années 2010.

  • Pâté Hénaff

    Pâté en boîte iconique fabriqué à Pouldreuzic depuis 1907, à la recette inchangée. Produit de qualité (porcs nourris localement, sans additif), objet culturel breton à part entière.

  • Hochepot de queue de bœuf

    Plat mijoté traditionnel breton, queue de bœuf cuite longuement avec légumes anciens. Cousin du pot-au-feu, mais sans farce.

  • Lard nantais

    Tranche de poitrine de porc maigre roulée, salée et cuite à l'eau. Souvent servie avec des mogettes (haricots blancs du pays nantais).

Sucrés

Plats sucrés & pâtisseries

  • Kouign-amann

    Pâtisserie iconique de Douarnenez, créée en 1860 par Yves-René Scordia. Pâte à pain levée, beurre demi-sel et sucre travaillés en couches feuilletées, caramélisée à la cuisson. IGP « Kouign-amann de Douarnenez » depuis 2011.

    En savoir plus
  • Far breton

    Flan dense aux pruneaux d'Agen (parfois aux raisins), parfumé au rhum brun. Dessert dominical par excellence, apparu au XVIIIᵉ siècle.

  • Gâteau breton

    Pâte sablée riche en beurre demi-sel et jaunes d'œufs, cuite en moule rond. Texture dense, friable, intensément beurrée. Spécialité de la Cornouaille.

  • Quatre-quarts

    Le gâteau le plus simple et le plus breton, ainsi nommé parce qu'il contient quatre ingrédients à parts égales : beurre, sucre, œufs, farine.

  • Caramel au beurre salé

    Invention de 1977 du chocolatier Henri Le Roux, installé à Quiberon. Originellement nommé « CBS » par son créateur. L'original reste à Quiberon.

  • Crêpes dentelle de Quimper

    Spécialité industrielle iconique, créée en 1893 par Marie-Catherine Cornic. Crêpes ultra-fines, roulées, croustillantes.

Produits emblématiques

Avant les plats, il y a les produits

Une cuisine bretonne sans produits bretons est une cuisine bretonne en façade.

Céréales

Sarrasin / blé noir

La céréale identitaire bretonne. Botaniquement, le sarrasin n'est pas une céréale (polygonacées, famille de l'oseille), d'où l'absence naturelle de gluten. Adopté massivement au XVᵉ siècle parce qu'il poussait là où le blé peinait. Revient en force, cultivé bio en Bretagne.

Produits laitiers

Beurre demi-sel

Le geste de signature. Entre 0,5 % et 3 % de sel. Héritage de l'exonération de la gabelle (impôt sur le sel) dont la Bretagne bénéficiait sous l'Ancien Régime. Le goût est resté.

Lait ribot

Babeurre traditionnel, sous-produit du barattage. Acide, frais, légèrement effervescent. Bu en accompagnement des galettes ou utilisé en cuisine.

Fromages bretons

Émergent depuis les années 1990 grâce à des fromagers comme la Fromagerie des Templiers (Tomme de Rhuys) ou l'Abbaye de Timadeuc (Timanoix). Une dizaine de fromages bretons modernes existent aujourd'hui.

Viandes

Porc fermier

La Bretagne reste la première région porcine de France. Renaissance fermière depuis 2000 : chercher les labels « porc breton fermier » ou « porc paysan ».

Andouille & saucisse de Guémené

IGP 1995 pour l'andouille. La saucisse fumée, plus courante au quotidien, se grille ou s'intègre en cuisine (notre tartare lui rend hommage).

Agneau de pré-salé

AOP baie du Mont-Saint-Michel. Saveur iodée naturelle développée par l'alimentation halophile.

Mer

Huîtres de Cancale

Ostréiculture historique du XVIIᵉ siècle, alimentée par la richesse en plancton de la baie. Marque collective « Huîtres de Cancale ».

Sardines de Concarneau & Quiberon

Conserveries historiques (Connétable, La Belle-Iloise, La Quiberonnaise). Sardines à l'huile d'olive vieillies en cave : produit gastronomique à part entière.

Algues

Cuisine moderne (depuis 2000) : laitue de mer, dulse, kombu royal, wakamé. Cultivées ou récoltées sur les côtes bretonnes.

Boissons

Cidre breton

AOP Cornouaille (Finistère sud), IGP Bretagne. Brut, demi-sec, doux selon les pommes. ~30 millions de litres par an.

Chouchen

Hydromel breton, miel fermenté avec parfois ajout de pomme. Boisson rituelle ancienne, consommée en digestif frais.

Bière bretonne

Renaissance brassicole depuis les années 1990. Plus de 80 brasseries artisanales en 2025 (Coreff, Lancelot, Britt, An Alarc'h…).

Histoire & terroir

Une cuisine façonnée par l’histoire

Le sarrasin et la pauvreté du sol

Le sol breton est globalement acide (granitique, schisteux) et humide. Le blé tendre y pousse mal. Le sarrasin, lui, supporte les sols pauvres, mûrit en 90 jours, résiste à l'humidité. Arrivé en Europe à la fin du Moyen Âge, il s'est imposé en Bretagne au XVᵉ siècle. Au XVIIIᵉ, il représentait jusqu'à 40 % des terres cultivées dans certaines paroisses du Léon.

La gabelle et le beurre demi-sel

Le beurre demi-sel n'est pas un choix gastronomique, c'est un héritage fiscal. Sous l'Ancien Régime, la gabelle (impôt sur le sel) frappait lourdement le royaume, mais la Bretagne, rattachée tardivement (1532), avait négocié son exonération. Le sel y était bon marché. Tout y était salé : viandes, beurre, jusqu'aux pains. Quand la gabelle a disparu à la Révolution, le beurre demi-sel est resté, par habitude, puis par identité.

L’apport de la mer

La Bretagne possède 2 730 km de côtes, soit un peu moins du tiers du littoral français métropolitain. La pêche y est ancestrale : conserveries de sardines à Concarneau, ostréiculture à Cancale depuis le XVIIᵉ siècle, criée du Guilvinec, dragueurs de coquilles Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc. La cotriade vient de cette tradition de pêcheurs qui partageaient les rebuts de la pêche du jour.

Les fest-noz et la table dominicale

Une grande partie de la cuisine bretonne est festive et collective. Les fest-noz (classés au patrimoine immatériel de l'UNESCO en 2012) impliquent traditionnellement un repas partagé : saucisses grillées, far breton, kouign-amann pour les fêtes solennelles. Le repas dominical breton est un autre monument : on y mange en famille élargie, parfois cinq heures, le kig ha farz ou un poulet entier au cidre.

La bistronomie bretonne contemporaine

Depuis les années 1980, une nouvelle cuisine bretonne a émergé. Olivier Roellinger, à Cancale, a obtenu trois étoiles Michelin en 2006 en travaillant les épices et les algues. Patrick Jeffroy, à Carantec, a popularisé une cuisine bretonne contemporaine. Plus récemment, Hugo Roellinger, Christopher Coutanceau, ou les bistros bretons modernes de Paris ont continué cette relecture.

Cinq pays culinaires

Les terroirs culinaires bretons

La Bretagne ne mange pas pareil partout. Voici les cinq pays qui composent la région.

PaysDépartementSpécialitésCaractère
LéonFinistère nordKig ha farz, far gwinizh du, légumes (artichauts, choux-fleurs)Plats mijotés, légumes, farce de blé noir
CornouailleFinistère sudKouign-amann, langoustines, criée du GuilvinecPâtisserie iconique, fruits de mer haut de gamme
TrégorCôtes-d'ArmorCotriade, coquilles Saint-Jacques de Saint-BrieucPêche côtière, mer
VannetaisMorbihanGalette saucisse, huîtres, andouille de GuémenéCuisine festive, charcuterie, fruits de mer
Pays nantaisLoire-AtlantiqueMâche nantaise, beurre blanc, muscadetSauce beurre blanc, vins, légumes

Labels & signes de qualité

Comment reconnaître un vrai produit breton

BIO BREIZH

Label spécifiquement breton, créé en 1995. Garantit agriculture biologique cumulée à un ancrage breton (production en Bretagne, fermes en taille humaine). ~200 producteurs membres.

Source officielle
Produit en Bretagne

Label d'origine plus large, créé en 1993. Plus de 400 entreprises bretonnes (agroalimentaire, industrie, services). Logo bleu et blanc avec pin couronné.

AOP / IGP bretons

Cidre AOP Cornouaille, Cidre IGP Bretagne, Andouille de Guémené IGP, Agneau de pré-salé AOP, Kouign-amann de Douarnenez IGP, Coco de Paimpol AOP, Oignon de Roscoff AOP, Farine de blé noir de Bretagne IGP.

Source officielle
Collège Culinaire de France

Label restaurants : engagement sur l'origine des produits, le fait-maison et la traçabilité. Co-fondé par Alain Ducasse et Joël Robuchon en 2011. Ty Louis en est membre depuis 2023.

Source officielle

Manger breton à Paris

Nos recommandations

Plusieurs adresses parisiennes défendent la cuisine bretonne, chacune à sa manière.

  • Crêperies historiques

    La Cantine Bretonne (15ᵉ), La Crêperie Bretonne à Montparnasse, Le Petit Breton. À privilégier pour une galette le dimanche midi.

  • Crêperies haut de gamme

    Breizh Café (Marais et plusieurs adresses), qui a élevé la galette au rang de bistronomie en travaillant avec des producteurs identifiés.

  • Bistros bretons complets

    Chez Michel (10ᵉ) avec le chef Masahiro Kawai, Tanguy (11ᵉ), Breton (18ᵉ) pour le poisson.

  • Le restaurant breton sans crêpes

    Notre maison

    Ty Louis (12ᵉ), notre adresse. Le seul restaurant breton de Paris qui a fait le choix d'une carte entièrement sans crêpe ni galette.

  • Épiceries fines bretonnes

    Notre épicerie chez Ty Louis, Huguette & Henri (11ᵉ), Breizh Café Épicerie (Marais), Au Lait Cru et Ty Miam Goz (18ᵉ).

Lire notre manifeste sur le choix sans crêpes

Questions fréquentes

La cuisine bretonne : vos questions

Quelle est la spécialité bretonne la plus connue ?

La crêpe et la galette de sarrasin restent les plats bretons les plus identifiés par le grand public. Mais en Bretagne même, le kouign-amann (pâtisserie de Douarnenez), le kig ha farz (pot-au-feu du Léon) et le far breton sont des piliers tout aussi structurants.

Quelle différence entre crêpe et galette bretonne ?

La crêpe est sucrée et se prépare avec de la farine de froment (blé tendre). La galette est salée et se prépare avec de la farine de sarrasin (blé noir). Cette distinction est forte en Haute-Bretagne mais plus floue en Basse-Bretagne où le mot « krampouezh » désigne les deux.

La cuisine bretonne est-elle adaptée aux régimes sans gluten ?

Oui, beaucoup de plats traditionnels sont naturellement sans gluten. Le sarrasin (galettes, kig ha farz, salades) n'est botaniquement pas une céréale et ne contient pas de gluten. Les viandes, fruits de mer et légumes traditionnels (mogettes, choux, navets) le sont également. Vérifiez toujours en restaurant.

Quels sont les plats bretons d'été ?

Salades de sarrasin, fruits de mer (plateau breton), cotriades servies froides, salades aux algues, far blanc avec fruits rouges, kig sant (poisson froid au court-bouillon servi en plateau).

Quels vins ou boissons accompagnent la cuisine bretonne ?

Le cidre breton (AOP Cornouaille, IGP Bretagne) reste l'accompagnement historique. Le muscadet pour les fruits de mer et les beurres blancs. La bière bretonne ambrée pour les mijotés. Le chouchen en digestif.

Le caramel beurre salé est-il vraiment une invention bretonne ?

Oui, créé en 1977 à Quiberon par le chocolatier Henri Le Roux, qui l'a déposé sous le nom de « CBS ». Décliné partout dans le monde, mais l'original reste à Quiberon, où la maison Le Roux est toujours en activité.

Où trouver de vrais produits bretons à Paris ?

Plusieurs épiceries fines parisiennes : Ty Louis (12ᵉ), Huguette & Henri (11ᵉ), Breizh Café Épicerie (Marais), Au Lait Cru et Ty Miam Goz (18ᵉ), ou en ligne Le Kiosque Breton.

Existe-t-il une cuisine bretonne végétarienne ?

Oui, la cuisine paysanne traditionnelle est même fortement végétale, parce que la viande y était rare. Mogettes au beurre demi-sel, soupe de mogettes, galettes de blé noir aux champignons, salades de sarrasin, far breton.

Combien de plats bretons existe-t-il ?

Difficile à chiffrer précisément, mais plus de cinquante plats traditionnels identifiables sont recensés dans les ouvrages de référence (Bertrand Larcher, Olivier Roellinger, Ouest-France). Sans compter les variations locales.

La cuisine bretonne est-elle reconnue à l’UNESCO ?

Les fest-noz sont classés au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2012, mais pas la cuisine bretonne en tant que telle. La cuisine française au sens large (« repas gastronomique des Français ») est elle inscrite depuis 2010.

Réservation

Une table breton-friendly à Paris 12

Du mardi au samedi, midi et soir, en service continu.
240 rue du Faubourg Saint-Antoine, entre Bastille et Nation.